dimanche 17 janvier 2010

LEONTINE de Sindou



Voici LEONTINE, dans son univers, mais vous n'en voyez qu'un aspect. Léontine est une grande et belle femme d'une trentaine d'années, passionnée de création. Elle carde, tisse, teint, peint, coud, met les mains dans la vase pour en tirer une terre brune, la terre des marigots dont elle extrait la couleur des bogolans...Le beau tissu est sa fierté, ses tissus sont bien connus à Sindou, ville de 4000 habitants, située à 500 km au sud-ouest du Burkina Faso, près des frontières de la Côte d'Ivoire et du Mali.
LEONTINE travaille sous un hangar ouvert, construit avec quelques troncs d'arbres à peine dégrossis en guise de poteaux et couvert d'un toit de chaume. Elle souhaite acheter un métier à tisser supplémentaire (elle en possède déjà 3) pour transmettre son savoir-faire à plusieurs jeunes filles et devrait agrandir le hangar pour pouvoir travailler pendant la saison des pluies, les métiers étant tous à l'abri.
Léontine se déplace à Banfora (2 heures ou plus de petit bus sur la piste selon la saison) et jusqu'à Ougadougou, la capitale, pour y acheter à meilleur prix les métrages de coton blanc et ses écheveaux de fil brillant.




Toutes les créations de Léontine sont à vendre et vous aurez, sur ce blog, toutes les informations qui vous permettront de passer commande mais le plaisir de LEONTINE, c'est de vous parler de son savoir-faire et de ses créations, dans sa campagne du sud-ouest du Burkina Faso. Mais comme LEONTINE n'a pas d'ordinateur et que l'électricité n'est pas encore arrivée à Sindou, c'est moi qui manipule le clavier et les photos !



BAZIN ET BOGOLAN

Le BAZIN est un tissu damassé, brillant, acheté blanc par Léontine et teint. Au Burkina, comme au Sénégal, il est fortement amidonné grâce à un trempage dans un bain de gomme arabique. Les motifs, quand il y en a, sont incrustés dans le tissu, en le frapppant avec un maillet sur un billot de bois. C'est le tissu à la mode en Afrique. C'est un tissu utilisé notamment pour la confection des grands boubous.

Le bazin de haute qualité est un produit importé d'Allemagne. Il n’existe aucune usine de fabrication du Bazin au Burkina ou au Mali où les bazins jouissent d'une grande réputation. Pourtant, c’est du coton pur et simple. L'Afrique n'est-t'-elle pas le deuxième producteur mondial de coton ? Le souci, c’est que les outils et machines appropriées coûtent chers. Le coton est ramassé dans les champs, à prix de plus en plus bas et toute la plus-value de la transformation va aux sociétés qui ont les moyens d'investir. A Sindou, les champs de coton sont cultivés avec les boeufs et les agriculteurs font de la polyculture...(voir l'article sur la culture du coton dans mon blog http://marouteauburkinafaso.blogspot.com).


Le secret du bazin de LEONTINE est sa couleur ; elle utilise des teintures chimiques mais surtout des colorants naturels. A Sindou, un certain nombre de personnes connaissent les plantes colorantes comme médicinales, ce sont des connaissances qui se transmettent de génération en génération.
Léontine nous a présenté des jaunes "pétants", des verts, des gris, des roses et des marrons soutenus. Ces tissus peuvent être aussi bien utilisés dans la confection que dans l'ameublement...

Les prix pratiqués par Léontine sont inférieurs à ceux pratiqués dans les grandes villes, où il est vendu entre 5000 et 5500 FCFA le mètre(soit l'équivalent de 7,62 et 8,3 euros).

















Le BOGOLAN
A partir d'une pièce de coton blanc, LEONTINE teint l'ensemble du métrage (environ 20m) pour la couleur du fond.
Ensuite, aprés séchage au soleil, Léontine dessine à main levée les idéogrammes, signes graphiques représentant un mot, ou les dessins abstraits ou non. Les dessins sont faits au pinceau avec des couleurs naturelles, variation de marron et rouge, qu'elle va chercher dans la vase des marigots,à la saison des pluies. Léontine prélève la terre autour de la racine des nénuphars, au plus profond du marigot. Elle garde cette terre pendant la saison sèche dans une jarre, à l'abri du soleil.
Léontine étend le tissu dehors, entre chaque couleur, pour qu'il sèche, mais elle utilise aussi des fixateurs en poudre très dangeureux pour sa santé...Une fois toutes les couleurs appliquées et tous les dessins réalisés, le tissu, aprés séchage au soleil, est lavé et rincé (la boue et les terres sont évacuées, seule la couleur reste).
Ces bandes, d'une largeur variant de 5 à une douzaine de cm, sont vendues en rouleaux et cousues bord à bord et à la main pour former des pièces de tissu de dimensions variables.

LEONTINE vend 4 bandes (de 2m x 0,33), 20 000 FCFA, si les dessins sont nombreux et 12 500 s'il y a peu de motifs. (650 FCFA = 1 euro, soit 30,50 et 19 euros)).




Le Faso Dan Fani

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Le Faso dan fani (littéralement: le pagne tissé du Faso) est de la cotonnade que portent les Burkinabès depuis la nuit des temps. C’est avec l’avènement de la révolution sankariste, dans les années 80, que ce pagne a connu une véritable promotion. Les responsables politiques de l’époque exigeaient le port du Faso dan fani dans l’administration.
En mars 2009, une exposition sur le tissage traditionnel, s'est tenu pendant deux mois au Musée national du Burkina, à Ouagadougou, avec des œuvres venues de Soulgo, localité située à une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou,le lieu de naissance historique et du mythe d’origine du tissage de l’Afrique de l’Ouest.
Le dan fani est un tissu tissé à la main. Du filage au tissage en passant par la teinture, tout le travail est fait par des artisans
Traditionnellement, le métier et tous les outils traditionnels étaient l'affaire des hommes. Les femmes ont été sollicitées, sous Sankara, pour se former et ainsi développer une activité professionnelle: "la femme doit s’affirmer toujours comme un agent économique de premier plan – producteur comme consommateur des produits locaux » (Sankara, 2001 : 31).
La production de dan fani va alors se structurer. Progressivement, les femmes qui tissent s’organisent en coopératives et sortent ainsi de l’invisibilité du statut de ménagère pour acquérir une reconnaissance sociale. C’est ainsi que se forme par exemple, en 1984, la Coopérative de production artisanale des femmes de Ouagadougou (COPAFO), située au centre de Ouagadougou. Cette organisation de la production des femmes se conjugue avec un objectif de consommation locale, c’est-à-dire que les rouleaux d’étoffes tissées ne sont pas destinés à l’exportation, mais s’adressent avant tout à la population autochtone(...précurseur ce Sankara sur le produire et consommer local !).



Les métiers à tisser ont évolué, les bandes tissées sont plus larges (33 cm) et LEONTINE travaille maintenant dans de meilleures condions. Mais le travail à domicile est lié aux disponibilités de la femme, mère de famille, il est lié à l'espace octroyé à la tisserande pour abriter ses métiers et ses outils...
LEONTINE aurait besoin d'agrandir son petit hangar pour travailler pendant la saison des pluies et permettre à des jeunes filles apprenties de travailler plus régulièrement et à l'abri...Vous aurez, dans l'article suivant, un aperçu de la diversité des créations de Léontine, vous remarquerez que le brillant est très tendance !




Comment se procurer les œuvres de Léontine...

Les pagnes Faso dan fani sont vendus entre 12500 et 20000 FCFA, soit entre 19 et 30,50 euros, en fonction du nombre de motifs et de couleurs mais le premier prix pour un tissu plus simple est de 8000 FCFA (12,20 euros)...

Pour le bazin, les prix pratiqués par Léontine sont inférieurs à ceux pratiqués dans les grandes villes, où il est vendu entre 5000 et 5500 FCFA le mètre(soit l'équivalent de 7,62 et 8,3 euros).

Pour le bogolan, LEONTINE vend 4 bandes (de 2m x 0,33), 20 000 FCFA, si les dessins sont nombreux et 12 500 s'il y a peu de motifs. (650 FCFA = 1 euro, soit 30,50 et 19 euros)).

Un pagne pèse environ 700 gr, le coût d'un envoi par la Poste est forfaitaire jusqu'à 1 kg 500, soit 9850 FCFA (15 euros).

LEONTINE est prête à prendre vos commandes !
Vous pouvez la joindre directement pour l'encourager ou demander des précisions sur ses pagnes au :
00 226 76 47 06 89 ou 70 33 18 92.

Accès et hébergement au Campement de Sindou

























Voici ce qui pourrait être votre campement :

Les cases sont proprettes, bien alignées, quelques-unes sont dotées d'un espace douche, extérieur et accolé à la case. Les meubles sont simples mais de bon goût. Les matelas sont posés sur un lit en béton, le fauteuil est recouvert de tissu local et de petits napperons au crochet. L'association du campement des Pics de Sindou a été créée et est gérée par douze jeunes membres, tous de Sindou, aidés par la municipalité à leur démarrage. Ils reversent une partie des bénéfices aux enfants nécessiteux de Sindou. Ces douze membres sont guides, ils accompagnent les touristes dans la visite des Pics et des grottes et racontent l'histoire des esprits des Pics, protecteurs du village.

Pour accéder à Sindou et aux Pics, voici les indications que donne le site du Ministère de la culture, des arts et du tourisme du Burkina :
"Dans Banfora, venant de Bobo Dioulasso, prendre la piste en terre, à droite, juste avant la station Total. Sindou est à 51 km par une piste correcte, à travers de beaux paysages variés, alternant bas-fonds et rizières avec coteaux cultivés et vergers de manguiers. Nous sommes dans une des plus belles régions agricoles du Burkina Faso".
Vous trouverez le campement sur la droite de la route, à l'entrée de Sindou. Déjà, vous aurez été surpris(e) par la masse très découpée des Pics, faits de grès très anciens (300 000 millions d'années)...et par la poussière !